La mindfulness, une pratique laïque issue du Bouddha.

A l’origine, la mindfulness, ou méditation de pleine conscience, est issue des enseignements de Siddhārtha Gautama, le premier être éveillé ou Bouddha.  Il vécut au VIème siècle av. J.-C. ou au Vème siècle av. J.-C. Il est le fondateur historique d’une communauté de moines errants qui donnera naissance au bouddhisme.

Le but de ses enseignements est de libérer l’esprit de la souffrance. Il parle de libération, d’éveil, de paix et pas seulement de bien-être.

La mindfulness contemporaine a été laïcisée afin de répondre aux besoins et enjeux de la société d’aujourd’hui. C’est une pratique profonde et transformatrice qui peut aller bien au-delà de la gestion du stress.

Cette laïcisation permet à la méditation de s’étendre à un plus grand nombre de personnes sans distinction de religion.

Parlons aujourd’hui des enseignements clés que nous a apportés Bouddha.

Les 4 nobles vérités sont un des enseignements fondamentaux qu’a donné Bouddha après son éveil.

Vérité 1 :

La souffrance ou Dukkha en pali fait partie de la vie. Cette souffrance est liée au fait d’être humain, dans le fait de naitre, vieillir, être malade et mourir.

Bouddha identifie trois types de souffrance.

Le premier est l’insatisfaction liée à des situations ordinaires de douleurs : douleur physique, émotionnelle, ne pas avoir ce que l’on veut, être séparé de ceux que l’on aime. Bouddha voit ces sensations physiques déplaisantes comme inhérentes à la vie. En tant que tels, ils ne sont pas des problèmes. La vraie souffrance ou Dukkha est la souffrance que nous ajoutons à ses sensations désagréables du fait de la manière dont nous nous relions à elles.  Comme si nous étions touchés par deux flèches : la douleur et toutes les pensées que nous ruminons autour de celle-ci.

La seconde souffrance est liée à l’insatisfaction liée au changement. Nous souhaiterions que nos expériences de bonheur et de joie se poursuivent indéfiniment mais c’est impossible. Le changement n’est pas un problème en tant que tel. Cela devient souffrance lorsque nous ne voulons pas que cela arrive.

La troisième souffrance est à l’insatisfaction liée à la conditionnalité de l’existence. Le monde et notre expérience ne sont pas fiables et conditionnés. Ce qui veut dire que notre monde intérieur et extérieur dépend de conditions changeantes, complexes, multiples. Nous n’en avons souvent pas conscience et nous ne pouvons pas les contrôler. Notre esprit aimerait contrôler, maitriser pour nous sentir plu en sécurité et cela nous fait souffrir.

L’écart entre la façon dont notre esprit voudrait voir les choses et la vraie nature de la réalité est un des aspects de l’ignorance dans le bouddhisme. Un des aspects les plus dommageables de l’ignorance est notre tendance à nous identifier à nos humeurs, nos émotions, nos pensées.

Vérité 2 

Les causes de la souffrance sont liées à notre attachement, à notre soif de désir insatiable (tanha en pali). Le problème n’est pas l’expérience en tant que telle d’attachement, le problème est notre relation avec cet attachement, notre besoin d’avoir les choses telles que nous le voulons.

Le désir de poursuivre ou renouveler les évènements plaisants (avidité, désir). Le rejet des évènements que nous ressentons comme déplaisants (haine). L’ennui ou l’agitation lorsque les événements sont neutres (illusion).

L’avidité ou la soif des plaisirs sensuels nous fait souffrir. Le désir de revivre un évènement du passé, d’espérer être dans le futur comme si la prochaine action accomplie allait tout résoudre, nous rend insatisfait, frustré, parfois vide.

Vérité 3 

Il existe un chemin pour ne plus souffrir. Il s’agit de lâcher, d’abandonner cette soif insatiable.

Nous pouvons abandonner le désir en prenant conscience de l’impermanence de nos expériences. Rien ne dure suffisamment pour être considéré comme « soi ».

Vérité 4 

Cette vérité décrit un programme d’entrainement menant à la cessation des souffrances, nommé  «le noble sentier octuple » : vision juste, pensée juste, parole juste, action juste, profession juste, effort juste, attention juste et contemplation juste. Par la pratique simultanée des huit composantes, les bouddhistes pratiquants atteignent progressivement le « but » du chemin, le nirvāna ou l’éveil.

En complément des 4 nobles vérités, Bouddha nous invite à porter notre attention et nous entrainer sur quatre phénomènes humains appelée les 4 fondements de la mindfulness :

L’attention au corps

Ce premier fondement de la mindfulness passe par l’attention à la respiration, aux différentes postures, aux activités, et aux caractéristiques physiques.

L’attention aux ressentis (vedana en pali)

Il s’agit d’accueillir avec équanimité nos ressentis instant après instant. Les ressentis peuvent être matériels ou immatériels.

Les ressentis matériels issus de nos cinq sens sont insatisfaisants car ils sont impermanents et polluent notre mental en alimentant la chaine du désir, de l’aversion et de l’ignorance. Notre société nous assure que le bonheur nous vient d’expériences sensorielles plaisantes et agréables, et c’est vrai pour la plupart de nous pendant un temps Ces plaisirs peuvent être néfastes à terme comme c’est le cas pour les addictions.

Les ressentis immatériels sont issus du renoncement : la générosité, la compassion, le renoncement, la concentration, la vision claire. Ils semblent moins naturels mais en les pratiquant nous nous sentons plus libres, plus joyeux.

L’attention à l’esprit (sankara en pali)

La question clé à se poser en étudiant son esprit est : est-ce que cet état esprit ou cette pensée est habile ou non ? c’est-à-dire est ce qu’il amène à la libération et au bonheur ou à la souffrance.

L’attention aux objets mentaux (dhammas en pali)

En ce qui concerne les objets mentaux, l’idée est de contempler ceux-ci au niveau des 5 obstacles au bonheur ou moteurs de la souffrance :

    1. Le désir
    2. L’aversion
    3. La paresse et la torpeur
    4. L’agitation et l’inquiétude
    5. Le doute

Voici en très grandes lignes les enseignements principaux de Bouddha.

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